Archives pour la catégorie LES VILLANESQUES

VILLANESQUE _ L’enfant à la poupée. ©

160_VILLANESQUE_L'enfant à la poupée.______

L’enfant à la poupée.

Dans la vielle maison d’un chemin qui tortille
Aux vieux murs tout fanés dignes de la bastille.
L’enfant à la poupée a pour lui la douleur.

Son berceau, pas de rois mais bien de pacotille,
Il n’était pas bien né, son lange était guenille.
L’enfant à la poupée a pour lui la douleur.

Lorsque l’on est l’aîné d’une grande famille
On est souvent celui pour qui tout part en vrille.
L’enfant à la poupée a pour lui la douleur.

Et ce n’est pas en mai qu’on offre la jonquille
Mais il fêtait sa mère, elle était si gentille.
L’enfant à la poupée a pour lui la douleur.

Un jour il découvrit un cœur sous la charmille
Qui ne le quitta plus caché de sa mantille.
L’enfant à la poupée a depuis le bonheur !

Pierre MICHEL

Villanesque : QUAND L’ARTISTE EST LÀ

117_VILLANESQUE_Quand l'artiste est là.___eee

Quand l’artiste est là

Aux panthéons d’hier s’élevait la colonne
Splendeur des bâtisseurs, leur tâche passionne
L’artiste était bien là pour magnifier l’art.

On y sculptait aussi la tête de gorgone
Qui avait des pouvoirs de cela j’en frisonne.
L’artiste était bien là pour magnifier l’art.

Claudel fit elle aussi, l’horrible laideronne
Aux cheveux de serpent, hideuse elle plastronne.
L’artiste était bien là pour magnifier l’art.

La nature fit mieux, son pic si haut plafonne
Les cirrus du Tibet, telle une championne.
L’artiste était bien là pour magnifier l’art.

Mais le plus beau de tout est Dieu qui nous façonne
Et fait de nous, pour Lui, sa plus belle couronne.
L’artiste était bien là pour magnifier l’art.

Pierre MICHEL

Villanesque : L’AUTOMNE

116_ VILLANESQUE_ l'Automne___eee

L’Automne

Dans un ciel noir le vol d’oiseaux en arrivage
Cacardent à plus soif perdus sans repérage
L’automne est arrivé c’est le mois des frimas

La forêt de bouleaux perdant tout son feuillage
Une biche aux abois recherche un camouflage
L’automne est arrivé c’est le mois des frimas

Le bûcheron ahane en coupant le branchage
Les gitans sont venus proposant le cannage
L’automne est arrivé c’est le mois des frimas

Un petit savoyard vient pour le ramonage
La grand mère au fauteuil s’applique au reprisage
L’automne est arrivé c’est le mois des frimas

En cycles fuit le temps si grand que soit son âge
C’est Dieu qui l’a voulu, sûr, il est le plus sage.
L’automne est arrivé c’est le mois des frimas

Pierre MICHEL

Villanesque : LA FAIM

115_ VILLANESQUE_ LA-FAIM___eee

La Faim n’est pas si loin

Sais-tu ce qu’est la faim qui te brise en tenaille
Et livre avec entrain aux gueux une bataille ?
Dieu te dit que c’est là, qu’il faut tendre la main

Le père allait trimer, travailler la rocaille
Et la mère au foyer élevait la marmaille
Dieu te dit que c’est là, qu’il faut tendre la main

Quatre marmots chétifs à la bouche qui braille
Chaque jour sur le banc leur donner la mangeaille
Dieu te dit que c’est là, qu’il faut tendre la main

Sûr on ne naît pas tous caché par la muraille
D’une belle maison et de sa victuaille
Dieu te dit que c’est là, qu’il faut tendre la main

Ne pas se détourner, dire: « c’est la piétaille »
Ni leur fermer le cœur les traitant de racaille
Dieu te dit que c’est là, qu’il faut tendre la main

Pierre MICHEL