C’était un coq gaulois braillard et solitaire, Qui régnait en tyran sur un vieux poulailler. Par une nuit sans lune, advint une fripouille Car il fleura l’odeur de ce local aviaire, Et trouva bien normal de s’y ravitailler. Et, trimant griffe et crocs, fit un trou pour sa bouille.
À peine le museau de l’aimable rouquin, Se fit voir par le trou, qu’un bec vint l’entailler Féroce et sans pitié, faisant fuir la gargouille. Plus jamais on ne vit le retour du coquin, Tant que régna l’arsouille.
Mon jardin. Espace verdoyant, doux et riant refuge, De la faune l’amphi, des concerts du matin. Ça siffle et caracoule avec effet de fuite, Prises de bec ardents et semblant de transfuge, Pour revenir sitôt en acteur cabotin Et ne pas s’éloigner d’une table gratuite.
Mais bientôt c’est la fin, du joyeux tintamarre Prélude d’un sommeil sur le siège en rotin, Qu’une hirondelle rompt par sa folle poursuite Et du vol d’un bourdon se posant sur la jarre… Ma sieste en est sans suite !
Peint mes saisons en rose paille Cache les noirs des horizons. Tous les soucis de la bataille Peint mes saisons.
Oui c’est fini les déraisons Je veux ouïr cette sonnaille Du vrai bonheur et ses tisons. De ton amour mon coeur tressaille, Je m’en revêts de sa toison. A la chaleur, oh Dieu sans faille ; Peint mes saisons.
Chante l’amour ma tourterelle En roucoulant au point du jour. Sur le sommet de la chapelle Chante l’amour.
Je t’ai cherché pour un bonjour, Tout en peignant une aquarelle Près de la tour de Montmajour. Un peu plus loin sur la margelle Tu t’es posée en cette cour. Diva glamour si sensuelle, Chante l’amour.
Comme le lierre au tronc d’un chêne, Muse au coton de dentellière, Attache-moi tendre sirène, Comme le lierre.
Sur l’océan ma batelière Allons gîter sur la Molène, Île à faveur hospitalière. Pour y trouver dans cette arène, Tes mots velours de parolière Hymne d’amour et douce chaîne, Comme le lierre.
Pierre MICHEL
Poésie de l'âme et du coeur, de la vie et de l'espérance.