L’eau vive. L’eau vive et claire du ruisseau Dévale en pleurs, tel un carpeau. Heureuse et libre se déchaîne Et va rouler vers la fontaine. Que tu es belle ! ô qu’il fait beau !
En fredonnant sous le bouleau Tu fais bien rire l’arbrisseau. Et tu ravis aussi la plaine ! L’eau vive.
Brave, elle épouse le bateau Puis sauve le pauvre étourneau. Rieuse arrose le domaine D’un beau moulin de porcelaine Qui prendra soins de ce cadeau ? L’eau vive.
L’air du temps se lance en patrouille D’un parfum son nez il chatouille Pour parader lors de son tour. Vite il se presse, il va faire jour, Il veut charmer cette fripouille !
D’abord il salue la gargouille Puis bise ensuite la grenouille, Caresse une aile avec humour L’air du temps.
Il croise le bateau qui mouille Et souffle pour qu’il ait la trouille. Glissant aux flancs du Mercantour Il donne aux hommes du labour Les fragrances de sa vadrouille, L’air du temps.
Le feu Le feu siffle victorieux Léger mais très facétieux D’un claquement il se réveille Volage il chante c’est merveille Comme un ténor capricieux.
Flamme il devient audacieux Brûlant la mer, même les cieux Son ire n’a pas de pareille Le feu
En extase étaient nos aïeux La peur au ventre et dans les yeux Ils s’enfuyaient comme corneille Où se cachaient bien sous la treille C’est un lascar très furieux Le feu
Ô terre ! ôtée d’un univers, Vers un cocon loin des hivers D’une incertaine nébuleuse. Un bain d’une ambiance aqueuse Te sert de lit sur tes avers.
Perle de systèmes si divers L’homme est né sur toi, fait-divers ? Ingrate race ; dure aboyeuse ; Ô Terre !
Éclose au milieu des revers, Versée à l’endroit puis l’envers. A l’humain donnant l’âme heureuse, Son merci ? te rendre lépreuse. Constat est fait ; l’homme est pervers ! Ô Terre !
Pierre MICHEL
Poésie de l'âme et du coeur, de la vie et de l'espérance.