Pour rêver d’infini Dieu nous a mis le ciel Et la lune en flambeau éclairant notre marche Un soleil lumineux ami de notre tâche L’insondable petit, caché, confidentiel.
Les étoiles il fixa d’une solide attache La plus brillante au nord sorte de logiciel Pour les marins errant sur le flot démentiel. L’étoile du berger indique le relâche
Du pâtre et des brebis, un repaire officiel. Hélas en négligeant le divin le potentiel Les gens pensent alors que vivre avec panache
C’est de chercher un gain au cours exponentiel. Et ce beau monde fuit en suivant bien l’houache Du tout informatique oubliant l’essentiel…
Découverte un mois d’août espéré sans ondée Elle charme mon coeur à l’éveil du matin, Puis caresse mon corps d’un air vif et mutin Envahissant mon nez d’une odeur iodée.
Sa plage du midi, doux sable de satin Se repose au soleil, radieuse inondée De l’odeur du zéphyr sur une mer ridée Tandis qu’au large passe un petit brigantin.
Parcourir ses salants à forme débridée Voir là un tas de sel, sentinelle attardée De ces lieux reculés et gardant son butin.
Sur la grève plus loin la mémoire est gardée A l’abri d’un hôtel au luxueux destin Et de cabanons blancs à splendeur démodée.
L’immaculé manteau vient de fondre au soleil Et la faible chaleur bouscule la nature. La terre embrasse alors sa nouvelle aventure, Timidement les fleurs sortent de leur sommeil.
Sous les rais enchanteurs, le tableau sans pareil D’une exquise corbeille au bord de la clôture S’offre à mes yeux ravis. Une belle peinture De violets claquants, chantonne cet éveil.
Alors de-ci de-là c’est toute la pelouse Qui se teint d’or et feu, faste robe andalouse Au chant de flamenco qui libère son nard.
C’est le temps des crocus à la gorge élégante Aux stigmates chargés, la promesse fringante D’échapper à l’hiver et son froid si traînard.
Mon village est drapé d’une ample robe blanche. Il s’est mis en beauté tel un cygne au printemps La note de silence alors suspend le temps Qui ne m’est pas compté de ce coquet dimanche.
Mon regard s’est perdu suivant la glisse franche Des flocons enjôleurs, de leurs vols envoûtants Et songe à Briançon aux hivers éclatants, À ses sentiers neigeux où j’enfonce à mi-hanche.
Quand le voile argenté de l’alpestre jardin Investit tous les monts, tel un phare soudain Une étoile au ciel pur de tous ses feux scintille.
Un monde a disparu sous cet épais manteau. Mais comment oublier ce rêve et sa mantille ? C’est du soleil de Dieu que naît un jour nouveau…
Mon cœur ému frémit devant l’astre du jour Embrasant l’horizon d’un rougeoyant nuage, Belle coupe d’ivresse et fabuleux breuvage Car sous la pluie offert avec un fol humour.
La nature succombe à son clin d’œil glamour. Il fait chanter l’oiseau de son plus beau ramage Louant la liberté loin d’une belle cage, Serait-elle en beauté comme la Pompadour.
Ho ! rêvez avec moi du soleil qui se lève Et rosit le satin, tissé près de la grève, De l’épeire la toile habillant le sentier.
Ou voyez le glisser sur le flanc de colline Et le chat ronronner sous sa douceur câline, Puis vous presser bientôt de mettre un canotier !
Pierre MICHEL
Poésie de l'âme et du coeur, de la vie et de l'espérance.