Effleurant tendrement mon front dès le matin, Tu houles mes cheveux câline et douce brise, En mon âme tu fais naître un vers byzantin. Et, si je suis nerveux, tu apaises ma crise.
M’apportant les senteurs d’un mois de mai mutin, Du doux parfum des fleurs je déguste l’emprise. Soulevant les oiseaux au plumage argentin, Ta caresse sur l’eau furtivement l’irise.
C’est toi, zéphyr charmeur, dont le cœur chaleureux, Chasse les durs sursauts de l’hiver rigoureux. Et donne de l’allant au renouveau des cimes.
Tu sais bien m’émouvoir quand tu chantes romance, En haut des frondaisons où tu mènes la danse. De Dieu tu es un don ! Éole aux chants sublimes.
Le Feu La volute émergea sifflant sous la brindille Suffocante et piquant la narine et les yeux. S’élance alors un chant, clair très audacieux, Aux accents violents d’un éclair d’escarbille.
La lueur orangée inonde la pupille D’une mèche qui danse en flots victorieux Puis ardemment s’élève en mouvements pieux, Lèche le bois qui geint et cabriole en vrille.
Je contemple la scène et me laisse envahir Par l’aura des couleurs et ses doux tons saphir. Me voici tout songeur sur un cordage d’auffe
D’une barque voguant en céleste séjour Engourdi par la flamme et sa voix qui réchauffe. Car le feu tient de Dieu, la chaleur d’un beau jour.
J’ai cherché très longtemps l’origine des flots, De quelle source vient cette onde intarissable. Limpide et reflétant les bleus d’azur palots, Bruissant sur les cailloux, son chant est adorable.
Le ruisseau sur son cours, abreuve les mulots Et tous les animaux sur son bord charitable. Oh! comme il a grandi, formant de beau îlots! Fleuve il est devenu, parfois bien indomptable.
Sourire transparent , viendrais-tu donc des cieux ? Nuages, blancs moutons, voguant dans les hauts lieux Qui vous fait donc pleurer en perles argentées ?
Flocons de l’infini, caressés d’arcs-en-ciel, Qui vous a donné vie en eau douceur de miel ? Gouttes, Dieu nous créa, ses filles enchantées…
Pierre MICHEL
Poésie de l'âme et du coeur, de la vie et de l'espérance.