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Sonnet Français : LE MERLE QUI CHANTAIT

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Le merle qui chantait
Un mois de mai joyeux aux journées miellées
M’offrit une faveur que j’en restais sans mot.
Tout pâlot, le soleil brillait sur le hameau
Egayant de couleurs les prés et les allées.

Un merle au loin dansant sur des branches effilées
A tue-tête jasait, perché sur un ormeau,
Un sifflet répondant fusait d’un vert rameau.
L’écureuil, lui, faisait des chutes affolées !

Sur un tapis de fleurs explosant plein d’ardeurs,
De jeunes pissenlits étalaient leurs rondeurs
Si jolie à mes pieds, une belle ancolie.

La faune des sentiers, de toutes les forêts,
Heureuse du printemps, semblait comme en folie
Soudain… noir il fut là, sautant sur les murets…

Pierre MICHEL

Villanesque : QUAND L’ARTISTE EST LÀ

117_VILLANESQUE_Quand l'artiste est là.___eee

Quand l’artiste est là

Aux panthéons d’hier s’élevait la colonne
Splendeur des bâtisseurs, leur tâche passionne
L’artiste était bien là pour magnifier l’art.

On y sculptait aussi la tête de gorgone
Qui avait des pouvoirs de cela j’en frisonne.
L’artiste était bien là pour magnifier l’art.

Claudel fit elle aussi, l’horrible laideronne
Aux cheveux de serpent, hideuse elle plastronne.
L’artiste était bien là pour magnifier l’art.

La nature fit mieux, son pic si haut plafonne
Les cirrus du Tibet, telle une championne.
L’artiste était bien là pour magnifier l’art.

Mais le plus beau de tout est Dieu qui nous façonne
Et fait de nous, pour Lui, sa plus belle couronne.
L’artiste était bien là pour magnifier l’art.

Pierre MICHEL

Villanesque : L’AUTOMNE

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L’Automne

Dans un ciel noir le vol d’oiseaux en arrivage
Cacardent à plus soif perdus sans repérage
L’automne est arrivé c’est le mois des frimas

La forêt de bouleaux perdant tout son feuillage
Une biche aux abois recherche un camouflage
L’automne est arrivé c’est le mois des frimas

Le bûcheron ahane en coupant le branchage
Les gitans sont venus proposant le cannage
L’automne est arrivé c’est le mois des frimas

Un petit savoyard vient pour le ramonage
La grand mère au fauteuil s’applique au reprisage
L’automne est arrivé c’est le mois des frimas

En cycles fuit le temps si grand que soit son âge
C’est Dieu qui l’a voulu, sûr, il est le plus sage.
L’automne est arrivé c’est le mois des frimas

Pierre MICHEL

Villanesque : LA FAIM

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La Faim n’est pas si loin

Sais-tu ce qu’est la faim qui te brise en tenaille
Et livre avec entrain aux gueux une bataille ?
Dieu te dit que c’est là, qu’il faut tendre la main

Le père allait trimer, travailler la rocaille
Et la mère au foyer élevait la marmaille
Dieu te dit que c’est là, qu’il faut tendre la main

Quatre marmots chétifs à la bouche qui braille
Chaque jour sur le banc leur donner la mangeaille
Dieu te dit que c’est là, qu’il faut tendre la main

Sûr on ne naît pas tous caché par la muraille
D’une belle maison et de sa victuaille
Dieu te dit que c’est là, qu’il faut tendre la main

Ne pas se détourner, dire: « c’est la piétaille »
Ni leur fermer le cœur les traitant de racaille
Dieu te dit que c’est là, qu’il faut tendre la main

Pierre MICHEL

Le Triolet : L’HEURE DE PINOCHIO.

CADRE_Heure-de-Pinochio

L’heure de Pinochio

Heure d’hiver interminable
Tu t’estompes doucettement
En février c’est agréable
Heure d’hiver interminable
Comme Pinochio le coupable
tu t’allonges très sûrement
Heure d’hiver interminable
Tu t’estompes doucettement

Comme le bœuf quitter l’étable
je veux cela très goulûment
Me promener c’est ineffable
Comme le bœuf quitter l’étable
Vivre un bonheur fort enviable
Cheveux aux vents, autre agrément
Comme le bœuf quitter l’étable
je veux cela très goulûment

Pierre MICHEL