Comme un vent de folie, au reflet irisant Les ombres de la nuit d’une brume argentée, Sa vue errant sur l’eau se plongeait tourmentée Dans un rêve sans fin comme un miroir grisant.
Et l’astre de la nuit se mirait apaisant, Sur l’onde au noir profond de cette âme agitée Mais qui rêvait de paix, d’une histoire bleutée Dans un rêve sans fin comme un miroir grisant.
La fille aux cheveux d’or poussa comme une plainte, De cet espoir si fort, d’éluder cette crainte Dans un rêve sans fin comme un miroir grisant.
Vivre des jours heureux, rejoindre son enfance A l’abri du cocon des lieux de sa naissance, Dans un rêve sans fin comme un miroir grisant.
Comme une rose au corps soyeux Que je respire, enlace et ose Un doux baiser, silencieux Comme une rose.
M’offrant ton coeur nimbé de rose Et l’eau sans fond comme les cieux, De tes yeux clairs. Ta bouche close Est une invite, un vœux pieux A demeurer en cette osmose En ce parfum délicieux Comme une rose
La reine du jardin. Ton doux corps de satin, au noir clair enchanteur Paradant au sommet d’une tige accueillante Fait connaître au soleil ta parure affolante. Oui de ton bel éclat je suis admirateur.
Un écrin de verdure accueille ta splendeur. Exposée aux regards ta beauté captivante Est sans franche rivale aussi tendre avenante, Et d’un jardin en fleur la reine accroche-cœur.
T’enchaîner, te claustrer dans un vase de verre, Ta liberté ravir, oh fleur incendiaire J’hésite avant d’agir, que faire, te garder ?
Te cueillir pour moi seul t’avoir en privilège Et t’encenser, plus qu’un oeillet te protéger Rose est-ce bien t’aimer ? C’est surtout sacrilège.