Rêve
La feuille d’or si belle fuit
Dès l’automne en apothéose.
Et de son vol se tait le bruit
Ce chant soyeux comme une hypnose,
Qui m’entraînait dans le circuit
Des jours d’hiver à longue nuit,
Du froid, de la neige opaline
Crissant sous les pas tendrement.
Temps où l’on se vêt chaudement
En rêvant l’heure cristalline
De l’été, sa douceur câline.
Et d’un retour si ardemment
Désiré d’un ciel plus clément
Flânant sur la verte colline.
Pierre MICHEL
Offrande
Couché sur un croissant de lune,
Mon coeur à l’encre de la nuit
Ecrit malgré cette infortune
D’une muse qui m’éconduit
Loin du talent de sa fortune,
De son génie et sa tribune.
Prenant un rayon du soleil
La page blanche d’un nuage
Et faisant fi de tout adage,
Car n’écoutant que mon conseil
Trace les mots au ton vermeil
Les cultivant d’un doux cépage.
En offrande à l’aréopage
De mes amis à leur éveil.
Pierre MICHEL
Étincelle
Par ton amour une étincelle
De tes doux yeux, en un beau jour
A peint nos coeurs en aquarelle,
Par ton amour.
Tes sentiments comme un tambour
Roulent au fond de ta prunelle,
En irisant notre séjour
Par une étoile intemporelle,
Illuminant chaque détour
D’un bel échange en pastourelle,
Par ton amour.
Pierre MICHEL
Un long hiver
J’avais placé tous mes espoirs en un poème,
Pour chasser l’horizon,
Ses nuages si noirs, sa face de carême
D’un temps sourd, sans saison.
Je criais au printemps d’un fol écosystème,
A mars, de briser sa prison,
De couronner l’éveil du mois, d’un diadème
De chatons, de la feuillaison…
Mais tout restait muet et chaque jour semblable,
Rythmé par les accords d’un déluge abominable.
Oh ! Quel bien triste hiver.
Abandonner l’espoir ? Non ! Voir vers l’avenir,
Garder toujours l’amour du soleil à venir,
Aux senteurs vétiver.
Pierre MICHEL
L’enfant à la poupée.
Dans la vielle maison d’un chemin qui tortille
Aux vieux murs tout fanés dignes de la bastille.
L’enfant à la poupée a pour lui la douleur.
Son berceau, pas de rois mais bien de pacotille,
Il n’était pas bien né, son lange était guenille.
L’enfant à la poupée a pour lui la douleur.
Lorsque l’on est l’aîné d’une grande famille
On est souvent celui pour qui tout part en vrille.
L’enfant à la poupée a pour lui la douleur.
Et ce n’est pas en mai qu’on offre la jonquille
Mais il fêtait sa mère, elle était si gentille.
L’enfant à la poupée a pour lui la douleur.
Un jour il découvrit un cœur sous la charmille
Qui ne le quitta plus caché de sa mantille.
L’enfant à la poupée a depuis le bonheur !
Pierre MICHEL
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Poésie de l'âme et du coeur, de la vie et de l'espérance.