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Dilatation du poème de Paul Verlaine_ Marine.

165_POÉSIE_Dilatation d'un Poème de Paul Verlaine_Marine_____

Dilatation du poème de Paul Verlaine_ Marine.

L’océan au ressac furieux et sonore
Palpite en cœur vivant et comme fou sous l’oeil
De la lune semblant compatir tout en deuil,
Et palpite en un flux, hurlant sa peine encore,

Tandis qu’il pleure et geint c’est là qu’un vif éclair
Brutal et violent, comme un sabre sinistre
Fend le ciel orageux et sa couleur de bistre
D’un long déchirement, foudroyant zigzag clair,

Et que fougueusement, hargneuse chaque lame,
En bonds sur les rochers et retours convulsifs,
Le long de cette côte et ses nombreux récifs.
Va, vient, luit en flocons vociférants et clame,

Et qu’au dessus des eaux se peint le firmament,
Où le fléau s’enfuit et quand l’ouragan erre
Rugit tel un tambour le raffut du tonnerre
Impétueusement et formidablement.

Pierre MICHEL

SONNET À REBOURS_ Rêve ©

167_SONNET Â REBOURS_ Rêve_____)

Rêve

La feuille d’or si belle fuit
Dès l’automne en apothéose.
Et de son vol se tait le bruit

Ce chant soyeux comme une hypnose,
Qui m’entraînait dans le circuit
Des jours d’hiver à longue nuit,

Du froid, de la neige opaline
Crissant sous les pas tendrement.
Temps où l’on se vêt chaudement
En rêvant l’heure cristalline

De l’été, sa douceur câline.
Et d’un retour si ardemment
Désiré d’un ciel plus clément
Flânant sur la verte colline.

Pierre MICHEL

SONNET Â REBOURS_ Offrande. ©

168_SONNET Â REBOURS_Rêve______

Offrande

Couché sur un croissant de lune,
Mon coeur à l’encre de la nuit
Ecrit malgré cette infortune

D’une muse qui m’éconduit
Loin du talent de sa fortune,
De son génie et sa tribune.

Prenant un rayon du soleil
La page blanche d’un nuage
Et faisant fi de tout adage,
Car n’écoutant que mon conseil

Trace les mots au ton vermeil
Les cultivant d’un doux cépage.
En offrande à l’aréopage
De mes amis à leur éveil.

Pierre MICHEL

LE ROUNDEL _Étincelle. ©

162_ROUNDEL_Étincelle_____

Étincelle

Par ton amour une étincelle
De tes doux yeux, en un beau jour
A peint nos coeurs en aquarelle,
Par ton amour.

Tes sentiments comme un tambour
Roulent au fond de ta prunelle,
En irisant notre séjour
Par une étoile intemporelle,
Illuminant chaque détour
D’un bel échange en pastourelle,
Par ton amour.

Pierre MICHEL

SONNET LAYÉ _ Un long hiver. ©

161_SONNET-LAYÉ_-Un-Long-Hiver_____

Un long hiver

J’avais placé tous mes espoirs en un poème,
Pour chasser l’horizon,
Ses nuages si noirs, sa face de carême
D’un temps sourd, sans saison.

Je criais au printemps d’un fol écosystème,
A mars, de briser sa prison,
De couronner l’éveil du mois, d’un diadème
De chatons, de la feuillaison…

Mais tout restait muet et chaque jour semblable,
Rythmé par les accords d’un déluge abominable.
Oh ! Quel bien triste hiver.

Abandonner l’espoir ? Non ! Voir vers l’avenir,
Garder toujours l’amour du soleil à venir,
Aux senteurs vétiver.

Pierre MICHEL