Que vienne le printemps qu’il chante en démesure, Car j’attends le bourdon l’abeille et papillon Et j’ai soif de leurs chants plus doux qu’un carillon Qui sonnent en les prés sur la belle nature.
Sur les bords du jardin les mimosas en fleur, Ce petit monde appelle en exhalant l’odeur De leurs floraux épis en plumets de teint jaune.
La douce violette accroche le regard Voulant ensoleiller fleurir un œil atone Et lui parler d’amour baume à ce cœur hagard.
Voici déjà j’entends s’affairer la mésange Dans le trou d’une brique au flanc du gros fruitier J’en éprouve un plaisir comme un riche héritier Au souvenir joyeux de sa belle louange.
Il leur a fait cadeau d’une planète immense De pâturages gras d’océans infinis, De printemps enchanteurs à belle odeur anis Il n’a rien refusé quelque soit la dépense.
Il les fit eux aussi pour un bonheur intense, Dans un cadre enchanteur à donner le tournis Car tout était bien vrai loin d’un simple vernis. Leur donna liberté, c’était là le suspense,
Pour dominer la terre et aujourd’hui c’est fait ! Mais ils ont tout détruit niant le Dieu parfait Qui leur disait d’aimer et rejeter la haine.
Ils ont chéri la mort, tuant à flot la vie, Insensible de cœur, sans cesse inassouvie. Leur salaire est l’enfer au cou la dure chaîne.
Un torrent de couleur déferle sur les bois Et le rouge joutant le vif éclat du jaune De clair vire à l’obscur faisant fuir l’avifaune, C’est le temps des départs, reste le pique-bois.
Le vent souffle le froid flûtant comme un hautbois Et sont pillés les ceps sur les coteaux de Beaune, Mais le fruste mouton de la race Lacaune Lui, son lait cru fournit à la ferme Dubois.
Ainsi passe le temps qui doucement déroule Cet automne nouveau, pendant que tout s’écroule Car il honnit la paix ce monde des humains.
L’infiniment petit ou grand de la nature Suit le chemin parfait que Dieu créa mature. Mais l’homme aime casser, brisant tout de ses mains.
Molly Je l’avais oublié ce moment de douceur De l’accueil d’un chiot au pas de notre porte. Oui certains souvenirs le chagrin les emporte Telle feuille à l’automne au vent froid du malheur.
Cette boule de vie au regard aguicheur Nous charme sans effort et de suite elle emporte L’adhésion de tous pour être notre escorte Pour un temps infini comme un porte-bonheur
Fidèle compagnon à chaque randonnée Elle aime aussi son coin près de la cheminée Où se mire sa robe à couleur rouge feu.
Je la pense endormie alors qu’au moindre bruit, Quand je bouge une braise armé d’un pique-feu Se dresse son oreille et son œil qui s’instruit.
Pierre MICHEL
Poésie de l'âme et du coeur, de la vie et de l'espérance.