Oh tends l’oreille et vois twister si follement A petits pas ténus sur toute la portée. Le do pesant, bien rond, à la forme empâtée En sa suite six sons s’activent vivement.
En crédule absolu le si tout en haut siffle Sur Paris et sa mise en bouteille, qui gifle L’obscur douteur toujours invétéré jaseur.
Du ré courant au la qui flotte ou qui voltige Dans une sarabande à donner le vertige, Heureuses de servir un air vif accrocheur
Qui plante dans les cœurs pour notre amusement Un refrain séducteur, la balade chantée Qui bouleverse l’âme et l’emporte exaltée… Rêve fleur bleue avide, offert facilement.
Que vienne le printemps qu’il chante en démesure, Car j’attends le bourdon l’abeille et papillon Et j’ai soif de leurs chants plus doux qu’un carillon Qui sonnent en les prés sur la belle nature.
Sur les bords du jardin les mimosas en fleur, Ce petit monde appelle en exhalant l’odeur De leurs floraux épis en plumets de teint jaune.
La douce violette accroche le regard Voulant ensoleiller fleurir un œil atone Et lui parler d’amour baume à ce cœur hagard.
Voici déjà j’entends s’affairer la mésange Dans le trou d’une brique au flanc du gros fruitier J’en éprouve un plaisir comme un riche héritier Au souvenir joyeux de sa belle louange.
Il leur a fait cadeau d’une planète immense De pâturages gras d’océans infinis, De printemps enchanteurs à belle odeur anis Il n’a rien refusé quelque soit la dépense.
Il les fit eux aussi pour un bonheur intense, Dans un cadre enchanteur à donner le tournis Car tout était bien vrai loin d’un simple vernis. Leur donna liberté, c’était là le suspense,
Pour dominer la terre et aujourd’hui c’est fait ! Mais ils ont tout détruit niant le Dieu parfait Qui leur disait d’aimer et rejeter la haine.
Ils ont chéri la mort, tuant à flot la vie, Insensible de cœur, sans cesse inassouvie. Leur salaire est l’enfer au cou la dure chaîne.
Un torrent de couleur déferle sur les bois Et le rouge joutant le vif éclat du jaune De clair vire à l’obscur faisant fuir l’avifaune, C’est le temps des départs, reste le pique-bois.
Le vent souffle le froid flûtant comme un hautbois Et sont pillés les ceps sur les coteaux de Beaune, Mais le fruste mouton de la race Lacaune Lui, son lait cru fournit à la ferme Dubois.
Ainsi passe le temps qui doucement déroule Cet automne nouveau, pendant que tout s’écroule Car il honnit la paix ce monde des humains.
L’infiniment petit ou grand de la nature Suit le chemin parfait que Dieu créa mature. Mais l’homme aime casser, brisant tout de ses mains.