Archives pour la catégorie LES SONNETS

SONNET CURTAL _ Souvenir, Le Moulin. ©

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Souvenir, le moulin.

J’avais sept ans au plus en ce mois de vacance.
Charrette de géant cheval impétueux,
En un instant la haut, callé par la fermière,
Qui par un hue et dia quitta la dépendance
Pour un moulin très loin, par les chemins boueux.
Quel souvenir ! De peur, de joie et de lumière.

Et là tout m’apparut comme un vieux château fort,
Baignant les pieds dans l’eau, d’un courant tortueux.
Les godets ruisselants chantaient à leur manière
Un chant grégorien, un air de réconfort,
Une belle prière.

Pierre MICHEL

SONNET CURTAL _ Le coq. ©

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Le coq

C’était un coq gaulois braillard et solitaire,
Qui régnait en tyran sur un vieux poulailler.
Par une nuit sans lune, advint une fripouille
Car il fleura l’odeur de ce local aviaire,
Et trouva bien normal de s’y ravitailler.
Et, trimant griffe et crocs, fit un trou pour sa bouille.

À peine le museau de l’aimable rouquin,
Se fit voir par le trou, qu’un bec vint l’entailler
Féroce et sans pitié, faisant fuir la gargouille.
Plus jamais on ne vit le retour du coquin,
Tant que régna l’arsouille.

Pierre MICHEL

SONNET CURTAL _ Mon jardin

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Mon jardin.
Espace verdoyant, doux et riant refuge,
De la faune l’amphi, des concerts du matin.
Ça siffle et caracoule avec effet de fuite,
Prises de bec ardents et semblant de transfuge,
Pour revenir sitôt en acteur cabotin
Et ne pas s’éloigner d’une table gratuite.

Mais bientôt c’est la fin, du joyeux tintamarre
Prélude d’un sommeil sur le siège en rotin,
Qu’une hirondelle rompt par sa folle poursuite
Et du vol d’un bourdon se posant sur la jarre…
Ma sieste en est sans suite !

Pierre MICHEL

SONNET ESTRAMBOT _ Le dieu déchu. ©

151_SONNET ESTRAMBOT _ Le dieu déchu

Le dieu déchu

L’être humain, ce rébus, n’est qu’un esquif instable
Que l’on trouve en tous lieux plaisants ou violents.
Ce chétif diamant aux ors sanguinolents,
Accueilli par sa mère à l’amour indomptable,

A bien conquis la terre, histoire incontestable!
Car là, sous tous les cieux déserts, soit opulents,
Il répand tyrannie et déchets purulents.
Pillant et détruisant ce qui n’est pas rentable.

Il vise alors le ciel… les étoiles habiter ?
Il ose en dieu déchu… Mars ? Il veut y gîter !
Car perdu pour perdu, non rien ne s’y oppose.

Il fait fi du Très-Haut. Celui qui connaît tout,
Par son prophète Abdias prévient le risque-tout.
« Ton nid je détruirai, si là haut on s’y pose »

Oh chef-d’œuvre divin, rétif, opiniâtre,
Homme fait du limon et non le divin pâtre.
En Jésus est pardon, crois à ce qu’il propose.

Pierre MICHEL

SONNET ESTRAMBOT _ Terre des hommes.©

150-SONNET ESTRAMBOT_Terre des hommes____)

Terre des hommes

Ho nature ! À fixer et contempler ta robe,
Aux plis si délicats des monts et des forêts,
Et les pans chatoyants de tes brillants adrets,
Sous l’œil azuréen que l’infini englobe.

Comment ne pas rêver sur cette garde-robe ?
Immensité sans fin aux indigos discrets.
Couverte de ta faune et de tous ses secrets,
Du géant au grand nez au tout petit microbe.

Le colibri-abeille à l’habit d’apparat,
Sur Cuba seulement a fait son émirat.
Il est une splendeur, ni raté ni sous-œuvre…

Au chant de la colombe, et du brame puissant
D’un cerf, ou l’océan au pleur assourdissant.
On ne peut que crier, oh oui ! Tout est chef-d’œuvre !

Et tout cela serait, le travail du hasard…
Un assemblage heureux d’un obscur lieu vasard ?
Non ! Pour moi c’est la voix , de Dieu seul qui manœuvre.

Pierre MICHEL